La belle armée (G. et J. Ledoux/Blankass)
Il y a longtemps maintenant
Qu'on est plus dans l'air du temps,
Qu'on est plus vraiment présents,
Qu'on est moins nombreux qu'avant.
Le drapeau s'est délavé,
Nos idées noires ont coulé.
Reste le rêve énervé,
Quelques soldats oubliés.
On était la belle armée,
Pas d'uniformes à porter.
On avait la même idée,
Relever les dos courbés.
A crier la liberté,
Le prix fort on a payé.
A l'ouest on nous a brisés,
A l'est on nous a brûlés.
J'avais rêvé d'écouter nos voix se lever,
Gueuler qu'on est un feu de colère allumé.
Aujourd'hui, tout est fané,
Et les gens tristes et rangés,
Auraient besoin d'imiter
La belle armée des révoltés.
On devrait recommencer.
Décoincer le monde entier.
On devrait se rappeler
Les cailloux qu'on a jetés.
J'avais rêvé d'écouter nos voix se lever,
Gueuler qu'on est un feu de colère allumé.
J'avais rêvé d'écouter nos voix se lever,
Gueuler qu'on est un feu de colère allumé.
Ce que tu n'es pas (G. et J. Ledoux/Blankass)
Tu disais, "regarde, le vent m'emmènera.
J'irai bien plus vite et bien plus haut que toi."
Tu disais, "prends garde, le temps parle pour moi,
Et la pitié, je connais pas."
Juste à tourner les yeux vers toi,
Je sais déjà où j'irais pas.
A te voir, j'ai trouvé ma voie.
J'irais où tu n'es pas.
Je serai ce que tu n'es pas,
Tout ce que tu n'es pas.
Par dessus toi, on voit le poids des agendas.
L'envie de regarder de haut les gens du bas.
Moi, j'ai le souffle chaud quand toi tu meurs de froid.
Tu sais, l'ennui, je connais pas.
Je sais où je vais quand je vois,
Ce que le temps a fait de toi.
A te voir, j'ai trouvé ma voie.
J'irais où tu n'es pas.
Je serai ce que tu n'es pas,
Tout ce que tu n'es pas.
Death
or glory
(Joe
Strummer/Jones)
Every cheap hood strikes a bargain with the world
And ends up making payments on a sofa or a girl
Love 'n' hate hate tattoed across the knuckles of
his hands
The hands that slap his kids around 'cause they
don't understand.
Death or glory becomes just another story
Death or glory becomes just another story
'N' every gimmick hungry yob digging gold from
rock'n'roll
Grabs the Mike to tell us he'll die before he's
sold
But i believe in this, and it's been tested by
research
That he who fucks nuns will later join the
church.
Death or glory becomes just another story
Death or glory becomes just another story
See you in the gunsights you say hello
I say ok don't wanna play the show
all you are thinking 'bout is death or glory
now playing the losers game, surely it's better
now
Death or glory becomes just another story
Death or glory becomes just another story
From every dingy basement on every dingy street
I hear every dragging handclap over every
dragging beat
That's just the beat of time, the beat that must
go on
If you been trying for years, then we already
heard your song.
Death or glory becomes just another story
Death or glory becomes just another story
D'où je viens (G. et J. Ledoux/Blankass)
Je suis né avec de drôles d'idées,
Rapportées de pays embrumés.
Abîmé par les regards gênés,
Mal soigné, à bouffer des cachets.
On m'apprenait des mots sans y penser,
On disait que j'étais diminué.
Moi, je sais, la terre où je suis né
N'est jamais sur les cartes imprimées.
Pas bien né, mal calé,
Mais j'ai les Dieux pour me garder.
A vous parler, je sais que j'ai
De la lumière à vous donner.
On parlait de droits, de libertés,
Si bien faits, et on m'enferme à clé.
Moi je rêve, si j'ai les yeux bridés,
C'est le soleil qui me les a tirés.
D'où je viens, on le sait pas très bien,
Mais c'est loin, j'y retournerais bien,
Moi je sais, le peuple où je suis né,
N'est jamais dans les livres imprimés.
Pas bien né, mal calé,
Mais j'ai les Dieux pour me garder.
A vous parler, je sais que j'ai
De la lumière à vous donner.
Pas bien né, mal calé
Pas bien né, mal calé
Moi j'y crois, les gens dont je descends
Etaient rois d'un pays de tourments.
Je suis né avec de drôles d'idées,
Protégé par les Dieux amusés.
Pas bien né, mal calé,
Mais j'ai les Dieux pour me garder.
A vous parler, je sais que j'ai
De la lumière à vous donner.
L'ère de rien (G. et J. Ledoux/Blankass)
Imagine un peu le foin,
Qu'on ferait si on partait.
Imagine un peu les freins,
Qu'on nous entraîne à serrer.
Imagine un peu les trains,
Qu'on prendrait si on osait,
Si on oubliait demain,
Qu'on nous dit toujours jamais.
L'ère de rien,
C'est la foi qui s'éteint
Et ça fait mal aux mains.
L'ère de rien,
On nous parle de rien.
On est si bien,
Dans une ère de rien.
Si on apprenait enfin
A s'endormir un peu moins.
Si on écartait soudain,
Le cyber et le crétin.
Arrêter les heures qui passent,
Le temps qui s'écoule en vain.
Sortir de cette ère de glace,
Qui nous pourrit les matins.
L'ère de rien,
L'âge du feu qui s'éteint,
Et qui nous casse les reins.
L'ère de rien,
On se parle de loin.
On est si bien,
Qu'on a l'air de rien.
Si bien dans cette ère de rien.
Le fil de l'épée (G. et J. Ledoux/Blankass)
Je l'ai vue traîner au bord de l'été,
Le ciel était noir et tes yeux fatigués.
Moi je t'ai vu marcher au fil de l'épée,
Saoulée de savoir toujours où aller.
Les anges sont moins beaux en gris,
Pas besoin de savoir qui je suis,
Mon idée, c'est de casser l'ennui.
Si on osait, si on disait, qu'on se connaît.
Tu sais, on devrait parler sans rien se demander.
On pourrait, si tu voulais, trinquer sans rien se demander
Moi, je t'ai vu saigner à mesurer les fossés,
Malade à crever de ne pouvoir les combler.
Pas besoin de savoir où tu vis,
On devrait se réveiller la nuit,
Aller boire avec n'importe qui.
Si on voulait, on y croirait, on se connaît.
Tu sais, on devrait parler sans rien se demander.
On pourrait, si tu voulais, trinquer nos verres et s'en aller
J'irais pour de vrai, forcer nos cœurs à se coller.
Parier sans regrets, danser sans rien se demander.
On nous verra marcher au fil de l'épée.
On nous verra forcer nos rêves à se toucher.
Pas besoin de maquiller l'envie,
Allez viens, je t'emmène aujourd'hui,
Aller voir pas si loin si j'y suis.
Tu sais, on devrait parler sans rien se demander.
On pourrait, si tu voulais, trinquer nos verres et s'en aller
J'irais pour de vrai, forcer nos cœurs à se coller.
Parier sans regrets, danser sans rien se demander.
Maître à penser (G. et J. Ledoux/Blankass)
Dis, est-ce qu'on aura le temps de se défendre ?
Est-ce qu'on pourra vraiment ne pas se rendre ?
Pour avoir voulu tant de vie à prendre,
Dehors on nous attend pour nous étendre.
Est-ce qu'on pourrait attendre ?
Le monde est comme un coup manqué,
Pas d'issue quand on veut changer.
Moi, j'aurais pas cru finir comme à Verdun,
J'aurais pas cru mourir comme un lapin.
De nos rêves pleins d'argent restent les cendres.
Dehors, il y a des gens pour nous descendre.
Est-ce qu'on pourrait attendre ?
Pas besoin d'une trêve,
Pas besoin de se désarmer.
C'est toujours de ça qu'on crève.
Je suis mon maître à penser
Est-ce qu'on pourrait attendre ?
Pas besoin d'une trêve,
Pas besoin de se désarmer.
C'est toujours de ça qu'on crève.
Je suis mon maître à penser
Mon mentor attitré.
Le monde est comme un coup manqué,
Pas d'issue quand on veut changer.
Le monde est comme un coup manqué,
Pas d'issue quand on veut changer.
Est-ce qu'on pourrait attendre ?
Pas des chiens (G. et J. Ledoux/Blankass)
J'aimerais pouvoir te parler
Et t'expliquer mes journées,
Mais je saurais pas faire.
Moi aussi, j'aimerais regarder
La vie du bon côté,
Mais j'ai le cœur en pierre.
On apprend toujours à cogner,
Jamais à écouter,
On y verrait plus clair.
Moi aussi, je pourrais comme toi,
Parler en vers, à l'endroit,
Mais on ne m'écoute pas.
J'ai le teint fissuré,
Des tours de mon quartier.
Si tu m'écoutais bien,
Tu nous tendrais la main.
Evitons de se perdre en chemin.
On n'est pas des chiens,
On nous aime un peu moins.
On n'est pas des chiens,
On n'est pas des martiens.
Moi aussi, j'ai le cœur qui bat,
De l'amour plein les bras.
On écrit jamais ça.
Nous aussi, on se fait parfois,
Un peu de sang trop froid,
Et des larmes de joies.
J'ai les yeux cimentés
Des murs de mon quartier.
Si tu regardais bien,
Tu verrais dans nos mains,
De la chaleur et de l'entrain.
On n'est pas des chiens,
On nous aime un peu moins.
On n'est pas des chiens,
On n'est pas des martiens.
On n'est pas des chiens,
On nous aime un peu moins.
On n'est pas des chiens,
On n'est pas des martiens.
Le silence est d'or (G. et J. Ledoux/Blankass)
Regarde le soir dehors, les trottoirs qui s'ennuient,
Le jour est déjà mort, pourtant c'est pas la nuit.
L'heure est à la prudence, aux regards qui s'enfuient.
L'infiniment poli, l'infiniment petit.
Se taire devant les gens,
Se taire devant le temps
On perd la voix à trop parler tout bas.
Se taire impunément,
Se taire évidemment,
La rage est trop loin déjà.
Marcher contre le vent,
Refaire le monde en grand.
Tous derrière, tous derrière et moi devant.
Gueuler comme un dément,
Gueuler comme à l'encan,
Vouloir savoir vraiment.
Est-ce que le bruit rend moins fort ?
Vit-on plus vieux si l'on dort ?
Est-ce que le silence est d'or ?
Est-ce qu'on a forcément tort
D'aimer réveiller les morts ?
Est-ce que le silence est d'or ?
A l'école on m'a dit : "si tu veux la vraie vie,
Il faut fermer ta gueule et ne pas faire de bruit.
Ne crois pas la fortune, ne crois pas tes envies.
Tu prends ce qui dépasse et puis tu dis merci."
Merci les boniments,
Merci la vie qui ment.
Je perd la voix à trop parler tout bas.
Gueuler comme un dément,
Gueuler comme à l'encan,
Vouloir savoir vraiment.
Est-ce que le silence est d'or ?
Est-ce que le bruit rend moins fort ?
Vit-on plus vieux si l'on dort ?
Est-ce que le silence est d'or ?
Est-ce qu'on a forcément tort
D'aimer réveiller les morts ?
Est-ce que le silence est d'or ?
Tango du dedans (G. et J. Ledoux/Blankass)
J'ai voulu voir les yeux des gens,
Voulu trouver de l'or dedans.
Un peu de chaleur et de cran,
Des sentiments vivants.
Envie de voir plus loin devant,
Le dedans des passants.
J'ai voulu voir derrière l'écran,
Le cœur des figurants.
En regardant les yeux des gens,
J'ai trouvé de l'eau dedans,
Beaucoup de colère et de vent,
Rien qui parle vraiment.
J'ai voulu voir les yeux des gens,
Voulu trouver de l'or dedans.
Un peu de chaleur et de cran,
J'imaginais l'endroit plus grand.
Envie de voir plus loin devant,
Le dedans des passants.
J'ai voulu voir derrière l'écran,
Le cœur des figurants.
Tous contre un (G. et J. Ledoux/Blankass)
Demain, je fermerai mes mains,
J'irai tout droit me moquer du matin.
Demain j'effacerai les chemins,
J'irai tracer le mien.
Demain, je couperais mes liens,
J'irai plus loin, oublier les voisins.
Demain, rien ne me retient,
Demain c'est tous contre un.
Comme un feu qui me tient…
Fermer la gueule des regrets
Et puis jeter la clé.
Quitter la vie numérotée,
Sans compter, laisser le temps couler.
Rêver quand on était gamin,
Caché comme un indien.
Trouver la carte des recoins
Et s'évanouir enfin.
Comme un feu qui me tient,
Comme un camion sans freins,
Et rien ne me retient.
Comme un feu qui me tient…
Demain, le jeu touche à sa fin,
Mal ou bien, j'inventerai le mien.
Passées les années sans été,
Demain, je veux brûler.
Cassées les mailles du filet,
Déchirés les fichiers, les papiers.
Demain, je quitte le chemin
Demain, c'est tous contre un.
Comme un feu qui me tient,
Et rien ne me retient,
Rien ne me retient.